Office Municipal des fêtes de Pérouges

 Par le traité de 1349 entre Jean le Bon, roi de France, et le comte de Savoie, Pérouges devient savoyarde ; ce qui procura un siècle de tranquillité aux pérougiens ; les comtes de Savoie aimaient Pérouges et y résidaient souvent. Cette période est reconnue comme celle de la prospérité la plus grande de la cité qui s’élève au rang de place forte de l’artisanat et du commerce.


«[1] Cette ère de paix est cependant troublée vers le milieu du 15° siècle lorsque les querelles qu’entretiennent Louis XI et Charles Le Téméraire, duc de Bourgogne, arrivent à leur comble et lorsque le roi de France décide de ravager la Dombes et la Bresse, la Valbonne et la Maurienne. Il en donne l’ordre vers 1468. » « Dans Pérouges, où on n’a pas oublié les leçons du premier siège (1167) … on entreprend de renforcer les défenses, »… « et les Pérougiens ne vont pas hésiter à démolir » l’église « pour renforcer la citadelle et la rendre inexpugnable »… « On ne sait pas très bien quand débute le siège, …, mais il est à peu près certain que la cité et ses impressionnantes fortifications font l’objet d’un respect tout particulier ». « Comminges se présente devant Pérouges à la tête de 2000 soudards qui l’encerclent probablement et tentent de l’investir. Combien de jours dure le siège ? » Pas plus de six semaines, sans doute, « mais il se prolonge suffisamment pour que l’artillerie éprouve les murailles tournées vers le sud et tende d’ouvrir une brèche dont le quartier porte encore le nom, et pour forcer la Porte d’en Bas.[2] »

« Lorsque les troupes de Comminges ( Les Dauphinois) se présentent au Péage et à la Glaye et se lancent à l’assaut à travers les vignes des Chevalières, les verges de l’Olivet ou les balmes de la Grâce, les Pérougiens les attendent fermement. » « Protégés par de solides targes [3], les défenseurs font siffler, sans arrêt, les carreaux d’arbalètes [4], tandis que les couleuvrines [5] envoient force plombées de cuivre.Trébuchets [6] et veuglaires [7] maintiennent au large les compagnies de réserves.

Certes, quand les échelles seront appliquées contre les murs, et que les coups sourds de l'artillerie adverse commencent à ébranler les remparts, il y aura des moments de sueur froide et d'angoisse.Mais rien ne sera négligé dans cette ruche en colère, pour rendre la position inconfortable. Elle deviendra même à tel point intenable que dégringolant à travers échalas et buissons, les amis du bâtard emporteront au loin, la honte d'un mauvais coup raté. »..

 

«Sacrifiant leurs église et multipliant les prouesses, les Pérougiens parviennent finalement à repousser l'envahisseur, à préserver leur invincibilité et du même coup l'honneur de la Savoie. Les Dauphinois repartent la tête basse, probablement emportés par le diable. Faute de savoir combien de temps cela prend, faute de savoir comment les assiégés ont resisté, s'ils ont souffert famine ou si d'aucuns ont péri, on ne peut que se contenter de la conclusion des hostilités telle qu'elle a été transcrite et nous est parvenue, sans doute transformée, par oral ou par écrit.

Cet épisode de la geste pérougienne en a en effet été consignée peu après  le siège en un latin dit de cuisine, un latin  " rocambolesque",  selon Adrien Favre, au coeur des manuscrits de Guichenon....Selon cette inscription " claironnante et goguenarde", le ressort que ces "coquins" de Dauphinois ne purent entrer dans le "Pérouges des Pérouges", la ville imprenable, et qu'on les vit même dégringoler jusqu'au bas des Balmes, emportant pour tout trophée des prtes, leurs serrures et leurs gonds, ce qui suppose qu'ils étaient au moins parvenues jusqu'à elles. .. Comminges retire ces troupes de la Bresse.» Plus tard , «tant de bravoure et de fièrté ne resteront lettre morte...Philippe de Savoie ne tarit pas d'éloge " et porte à la connaissance de tous, modernes à venir... la fidélité éprouvée, la grandeur d'âme, le courage et la virilité avec lequel nos féaux et bine aimé bourgeois, hommes et habitants de notre insigne forteresse de Pérouges, ont servi depuis longtemps et continuent de servir avec éclat .... particulièrement contre les récentes attaques, ne s'étant pas contentés d'arrêter, de combattres et de repousser les envahisseurss, mais ayant poussé le dévouement jusqu'à détruire et mettre en ruines leur église, et diverses maisons sises en dehors et près des remparts , afin d'assurer la défense et la sauvegarde du dit lieu [...]. Philippe de Savoie annonce l'octroi d'une liste d'avantages ... Les Pérougiens furent exempts... de la prestation et du paiement de tous fouage, subsides, dons et de n'importe quelles impositions et charges faites et imposées par le DUC de Savoie, pendant vingt années consécutives. Ce sera alors l'âge d'or de Pérouges.

 

Notes du Webmaster

 

[1] Extrait du livre Chronique de la rénovation d'un village médiéval de Guy LEDUC, paru aux éditions ITALIQ en 2002

[2] Emplacement de la porte d'en basVoir Porte d'en bas

[3] La targe est un petit bouclier qui se tenait à la main ou, dans des cas beaucoup plus rares, était directement fixé sur le canon d'avant bras gauche si le combattant portait une armure. Le diamètre de la targe est d'au maximum 40 centimètres. Elle est constituée exclusivement de fer et non de bois.

[4]Le carreau d'arbalète est le projectile utilisé avec une arbalète, dont le fer pyramidal à quatre pans a une base carrée. Plus court (environ 30 cm) que la flèche et également plus lourd, il a un empennage réduit, fait de cuir ou de parchemin. Ces caractéristiques traduisent un usage en tir tendu dont l'objectif est de pénétrer les armures, pour lequel les qualités balistiques (de masse et de forme) du carreau sont excellentes.

[5]La couleuvrine, qui désigne à l'origine un canon à main ancêtre du mousquet, est une petite pièce d'artillerie à canon long de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance qui tire des boulets (de pierre ou de métal). Les projectiles sont tirés avec une vitesse initiale élevée, ce qui leur confère une trajectoire allongée et une portée appréciable.

[6]Le trébuchet fait partie des pièces d’artillerie médiévales dites à contrepoids. Il s’agit d’un engin de siège qui a été utilisé au Moyen Âge, soit pour détruire la maçonnerie des murs, soit pour lancer des projectiles par dessus les fortifications. Il est parfois appelé «trébuchet à contrepoids» afin de le différencier d'une arme plus ancienne qu’on appelait «trébuchet à traction», une version primitive de l’engin où la force de propulsion était fournie par des hommes et non par un contrepoids.

[7]Le veuglaire (du néerlandais « vogelaer », canon à tirer les oiseaux, de « vogel », oiseau) est une pièce d'artillerie des XIVe siècle et XVe siècle se chargeant par la culasse.